17 octobre 2009

Pénurie de vétérinaires au Québec: des vétérinaires privés de permis d'exercice, alors que le Québec manque cruellement de médecins pour animaux

Un an après la signature, à Québec, de l'entente franco-québécoise sur les Arrangements de reconnaissance mutuelle des diplômes et des compétences, l'Ordre des Médecins vétérinaires du Québec traîne toujours la patte. Manque de personnel, recrutement difficile, surcharge de travail, épuisements, dépressions, urgences et soins aux animaux pas toujours assurés,... Un triste constat que la profession vétérinaire québécoise reconnaît elle-même, mais cache au grand public.

Des vétérinaires français (internes, résidents ou enseignants à la Faculté de Saint-Hyacinthe, comme le Professeur Éric Troncy) mais aussi québécois, comme le Professeur Raymond Roy, Doyen de la Faculté vétérinaire pendant 12 ans, dénonceront publiquement, le dimanche 18 octobre à 14 heures, à l'"Espace Rhône-Alpes", 448 Place Jacques Cartier, à Montréal, cette grave situation.



Diplômés des écoles nationales vétérinaires françaises, ces jeunes vétérinaires français se voient refuser le permis d'exercice, alors que le Québec souffre d'une inquiétante pénurie de praticiens. Ils ont pourtant, en plus de leur diplôme français et de leur expérience, une à trois années d'internat ou de résidanat spécialisés (médecine équine, porcine, petits animaux, bovine, anesthésiologie, chirurgie,...) à la Faculté vétérinaire de l'Université de Montréal. Nombre d'entre eux sont bardés de diplômes canadiens ou américains. Plusieurs sont des spécialistes. Ces vétérinaires français, reconnus aptes à exercer leur profession à la Faculté de Saint-Hyacinthe, y accomplissant le travail de vétérinaires québécois qui ne possèdent pas toujours leur niveau de compétence voire leur expertise, ou qui ne suffisent plus à la tâche. Ces praticiens français se voient refuser, par contre, sous de fallacieux prétextes réglementaires ou au nom d'une soi-disant protection du public (dans la logique de l'Ordre, mieux vaudrait, sans doute, mourir sans soins, mais selon les règles ordinales, qu'être soigné par un diplômé français!) le droit d'exercer au Québec. Nombre d'entre eux sont pourtant parfaitement intégrés au pays après trois années passées ici. Certain(e)s sont même marié(e)s avec des québécois(es). Après avoir étudié aux frais du contribuable québécois (100 000$ par an) plusieurs d'entre eux rentrent, à contrecœur, en France. D'autres s'installent aux États-Unis ou dans d'autres Provinces canadiennes, laissant parfois ici femme ou mari, et enfants, alors qu'ils préfèreraient exercer leur profession au Québec.

Depuis l'entente France-Québec de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles du 17 octobre 2008 signée par le Premier Ministre du Québec et le Président de la République française, les négociations piétinent. Sous le prétexte officiel de "protéger" le public, l'Ordre des Médecins vétérinaires du Québec manifeste ni enthousiasme, ni dynamisme pour conclure rapidement, et après des années de tergiversations, cette entente avec son homologue français. Et pendant ce temps, le Québec manque cruellement de vétérinaires : les offres d'emplois ne sont pas comblées, nombre de propriétaires de cliniques sont épuisés, 69% d'entre eux ont de la difficulté à recruter, des animaux ne sont pas soignés, le nombre d'euthanasies est inquiétant. Le bulletin de l'Académie de médecine vétérinaire du Québec de juillet 2009 rapporte un nombre élevé de médecins vétérinaires québécois souffrant d'épuisement professionnel, de dépression et atteints de pensées suicidaires. Dans ce contexte difficile, une vétérinaire québécoise sur quatre pense occasionnellement, mais sérieusement au suicide. Une vétérinaire québécoise sur 71 avoue même une tentative de suicide!

Les vétérinaires français installés au Québec pressent donc, tant dans l'intérêt de la population que de la profession vétérinaire québécoise, le Gouvernement du Québec de prendre rapidement les mesures qui s'imposent pour faire accélérer, par l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec, le processus de reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles françaises.

Selon François Lubrina, Médecin vétérinaire exerçant depuis 36 ans à Montréal, et Conseiller élu à l'Assemblée des Français de l'Étranger, qui animera cette rencontre : "La toute première protection du public, c'est d'abord le service au public. Or nous manquons de vétérinaires, au Québec, pour soigner les animaux. Dans le cadre de la dynamique politique migratoire engagée par le Gouvernement Charest, le Québec a aussi besoin d'immigrants diplômés français qui puissent exercer ici leur profession".

L'entente historique du 17 octobre 2008 prévoyait conclure les Arrangements de Reconnaissance Mutuelle (ARM) d'ici décembre 2009. À ce jour sept professions et 11 métiers ont signé ces ARM, mais aucune profession médicale.
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