8 décembre 2010

Le cowboy le plus connu aux États-Unis était Québécois! Découvrez Ernest Dufault, alias Will James

Le Cowboy américain le plus connu était Québécois. Dompteur de chevaux, auteur, illustrateur, peintre, aquarelliste, cascadeur et acteur à Hollywood, Ernest Dufault,   alias Will James, s’est inventé une vie de cowboy.

Né en 1892 à Saint-Nazaire-D'Acton au Québec, Joseph Ernest Nephtali Dufault, que ses contemporains appelaient Will James, passa son enfance dans son village natal non loin de Saint-Hyacinthe, et il vécut à Montréal à compter de 1901.

À quinze ans, soit vers 1907, il partit dans l'Ouest canadien et il trouva du travail dans les ranchs de la Saskatchewan. En 1911, il s'enfuit aux États-Unis à la suite de démêlées avec la Police Montée et prit le nom de Will James. Commenca dès lors sa longue errance dans l'Ouest américain. Ce fut de son propre aveu le pèlerinage d'un cowboy en quête d'un rêve impossible. Ce rêve Dufault alias Will James allait un jour le faire revivre par sa plume et son crayon.

Il dota Will James d'un passé "américain" susceptible de justifier ses intonations françaises et il donna à ce mythe son expression définitive dans le roman pseudo-autobiographique Lone Cowboy, My Life Story (1930). Selon ce récit, James devint orphelin de parents américains à quatre ans et fut élevé dans la forêt par un trappeur francophone, Beaupré, qui fut emporté par une crue printanière vers 1903. Cette supercherie se perpétua au-delà de la tombe, car l'acte de décès est enregistré "William Roderick James". Nul ne connaissait ses véritables origines pas même sa femme.


En 1915, Dufault fut incarcéré pour un vol de chevaux et il passa quinze mois derrière les barreaux à Carson City au Nevada. Il écoula son temps en dessinant. Libéré, il s'improvisa cascadeur pour le cinéma muet à Hollywood. Le service militaire le retint en Californie et après la Première Guerre mondiale, il retourna dans le Montana, où il se mit à écrire des contes et des nouvelles inspirées de son vécu dans le Far West.

Revenu de San Francisco où il avait conduit un troupeau, Dufault modèle dans un studio de la California School of Fine Arts. Il avait dû abandonner les jeux de rodéo et son métier de cascadeur en raison d'une blessure. Le professeur Harold Von Schmidt, son employeur, prit connaissance de ces dessins et lui prodigua des conseils. Dufault étudia brièvement les beaux-arts à San Francisco, et eut pour maitre Maynard Dixon. Après la publication d'un de ses dessins dans la revue Sunset, ses mentors Von Schmidt et Dixon l'envoyèrent à New York, où l'attendaient des travaux pour la revue Scribner's.

Contrairement à leurs attentes, Dufault se distingua à New York comme écrivain. D'aucuns ont attribué sa réorientation à l'influence d'Alice Conradt, de Reno au Nevada, qu'il épousa vers 1920. De fil en aiguille ses créations parurent dans les magazines les plus importants de l'époque, dont le Saturday Evening Post. Il ornait parfois ses textes de ses propres dessins. Son recueil illustré, Cowboys North and South, établit, dès 1924, sa renommée à l'échelle nationale.

Deux autres livres de Will James devaient connaitre un succès marqué, soit de Lone Cowboy et Smoky, The Cowhorse (1926, qui remporta la médaille Newberry de l'American Library Association). Ces récits furent adaptés pour le cinéma en 1933 et en 1934, respectivement. Vers 1928, Dufault se retira sur un ranch à Pryor au Montana pour se consacrer à l'écriture. Dorénavant une publication signée Will James - livre ou conte - sortait à tous les ans des presses de la métropole et, au total, il publia une vingtaine de livres dont Big Enough (1932) roman qu'il illustra. Ses contes et ses nouvelles furent réédités à titre posthume dans une quinzaine d'anthologies. Dufault illustra parfois des écrits de collègue, par exemple Tombstone ; an Illiad of the Southwest (1928), roman de Walter Noble Burns. À la fin de sa vie, Dufault dont l'existence avait été assombrie par l'alcoolisme est décédé à Hollywood en 1942

L'oeuvre dessinée de Dufault a figuré dans plusieurs expositions ayant traits au Far West, y compris Mostly Montana aux Flathead Lake Galleries de Bigfork au Montana en 1968 et The West Remembered au Santa Barbara Museum of Art de Californie en 1973. Il existerait de nombreux dessins de lui et quelques tableaux.

L'autobiographie de Will James a été partiellement traduite en français et publiée aux Éditions du Boréal, en 1989, sous le titre L'Enfance d'un cow-boy solitaire, avec une préface de Jacques Godbout.

L'écrivain et cinéaste québécois Jacques Godbout a réalisé en 1988 un long métrage documentaire sous le titre Alias Will James qui relate la vie d'Ernest Dufault sous l'angle du mythe américain et que nous vous invitons à regarder sur le site de l'ONF en cliquant ICI.
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