5 novembre 2010

Lettre ouverte d’un ‘reiner’ à Canada Hippique

À tous les dirigeants des disciplines western de Canada Hippique,

Le soussigné est impliqué dans le «western» depuis 1970 et fut de toutes les batailles afin que notre équitation soit reconnue à travers notre province.  Notre différence de langue nous a forcés à apprendre à nous démarquer dans le contexte nord-américain à majorité anglophone : je pense que nous avons réussi! Qu’a fait Canada Hippique pour le «western», pour ma province et, aussi, «d’un océan à l’autre»?

OK, tout n’a pas été parfait et tout n’est pas encore parfait ici au Québec.  Qu’a fait Canada Hippique (et son ancêtre la ‘Fédération équestre canadienne’) durant ces quarante ans?  Ma réponse est la suivante : Canada Hippique (ou la FEC) n’a absolument rien fait (ou rien de significatif) autant ici que dans les autres provinces canadiennes.  Je fus, au cours des années ’90, membre du conseil d’administration de la FEC et j’en fus même, à un certain moment, vice-président western.  Le seul travail que l’on a réussi à me trouver, fut la présidence du Comité des Règlements (toutes les disciplines hippiques pratiquées)! Wow, quel challenge : rien de très western car j’étais là pour la forme!

Pendant ce temps, ici au Québec, dès le début des années ’70, nous avions les associations de race qui, bon temps mauvais temps, présentaient des concours hippiques pour notre élite d’équitation western.  En 1976, l’Association Québécoise de Reining (AQR) a vu le jour afin de regrouper les reiners qui ne se retrouvaient pas toujours au sein des associations de race présentant une foule d’épreuves diverses, dont le reining. Puis la Fédération équestre du Québec (FEQ) est apparue dans le portrait et, sous l’impulsion de Normand Caron, a osé donner des lettres de noblesse à l’équitation western avec l’élaboration d’épreuves pour le client québécois, la création d’un livre de règlements (mis à jour annuellement), la formation d’officiels œuvrant dans des concours à travers le Québec, la mise sur pied de programmes d’enseignement avec instructeurs, un championnat provincial western, etc.

Dès 1980, AQR créait un programme d’excellence (Performance-Québec) afin de mettre en commun des ressources permettant la présentation annuelle d’événements du genre ‘Futurité’ et ‘Derby’.  Depuis quelques années, ce programme accueille annuellement une centaine de rejetons en vue de ces événements ponctuels de reining.

Quelqu’un (chez Canada Hippique) pourrait-il me dire ce qu’a fait CH (et FEC) durant toutes ces années?  Naturellement, personne ne me contredira si j’affirme que notre province, pas plus que les autres provinces canadiennes, n’a jamais rien reçu de cet organisme, dit national, pour les disciplines western.

Maintenant que le reining est devenu une discipline internationale, CH voudrait règlementer notre sport et nous vendre des cartes de membre?  Qu’avez-vous à offrir, Mesdames et Messieurs de CH? OK, je vous concède que, selon les règles FEI (Fédération équestre Internationale), vous avez la main mise sur notre reining de haut niveau (lire équipe nationale).  Faut-il, pour cela, réinventer la roue? Je présume que CH a au moins DEUX reiners québécois qui sont membres de CH en 2010 : les deux jeunes filles n’avaient pas le choix car elles ont participé au championnat nord-américain des Jeunes Cavaliers (NAYRC) l’été dernier, événement dont vous êtes le ‘concessionnaire’ canadien.  À peu près personne d’autre n’a besoin d’une carte de membre CH pour pratiquer notre sport dans toutes provinces canadiennes où des associations provinciales ou régionales de reining ont pignon sur rue!  Vous voulez sans doute nous montrer comment faire pour que ça marche?

Je pense que les lettres récentes de Lance Griffin, de Jane Lyons et d’André De Bellefeuille ont été très explicites quant à votre ‘réussite magistrale’!  Votre fameux ‘CRC’ (‘Canadian Reining Committee’) n’a surtout pas réussi à regrouper toute l’élite canadienne de notre sport même si l’équipe des JEM 2010 était de bonne qualité, mais sans parachute de sécurité (lire ‘backup’).

Ici, nous n’avons rien à foutre du bordel CH car nous existons et nous fonctionnons de façon très honorable, sans vous, depuis quarante ans!

Vous voulez gérer le reining canadien? La balle est dans votre camp en ce qui a trait au reining international!  Faites en sorte qu’un nombre plus imposant qu’une demi-douzaine de personnes aient l’opportunité de contribuer à la réussite du reining partout au Canada : osez donc que le ‘CRC’ soit représentatif d’un reining ‘coast to coast’ avec des canadiens, résidant et gagnant leur vie au Canada!

Bien à vous,

GAËTAN LAROCHE

Ce 3 novembre 2010

Post-scriptum :

«Cette lettre a été écrite en mon nom personnel et ne met pas en cause mon employeur, l’Association Québécoise de Reining.  Je ne désire pas, non plus, vous énumérer la panoplie d’ex-fonctions que j’ai occupées au cours des quarante dernières années : mais croyez-moi sur parole quand j’affirme que je fus de toutes les bagarres et que je continuerai de l’être, du moins pour le reining québécois et canadien.»
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