24 janvier 2011

125 ans d'enseignement vétérinaire francophone en Amérique

L'Université de Montréal célèbre sa Faculté de médecine vétérinaire

Il y a 250 ans, le premier cours de médecine vétérinaire se donnait en France. Au Québec, le seul établissement de médecine vétérinaire francophone a été fondé il y a 125 ans. Il est aujourd'hui connu sous le nom de Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Montréal. De nombreux professionnels de la médecine vétérinaire de partout au Québec se réunissent aujourd'hui au Centre des sciences de Montréal pour célébrer l'ouverture des fêtes du 125e anniversaire de l'enseignement francophone vétérinaire en Amérique et de l'année mondiale vétérinaire. Leurs confrères français seront au même moment rassemblés à Paris pour inaugurer l'Année mondiale vétérinaire et souligner les 250 ans de la médecine vétérinaire, qui est née en France, à Lyon.

La naissance d'une grande école
Au 19e siècle, Montréal était une ville peuplée de milliers d'animaux, mais sans l'ombre d'un vétérinaire. Pour pallier ce problème, l'Écossais Duncan McEachran ouvre une première école anglophone, suivi quelques années plus tard par l'un de ses anciens étudiants, Victor-Théodule Daubigny, qui fonde à son tour une école francophone. Seule cette école survivra au 21e siècle. Lorsque progressivement les résidants à quatre pattes de Montréal (vaches, cochons, chevaux) quittent la ville, l'école ira les rejoindre à la campagne, s'installant d'abord à Oka, puis à St-Hyacinthe dans des baraques désaffectées de la marine. Quelques améliorations locatives plus tard, c'est en 1969 que l'école entre dans l'ère universitaire et devient une faculté de l'Université de Montréal, le seul pôle d'enseignement vétérinaire au Québec. (1)

« En tant que natif de St-Hyacinthe, j'ai vu se transformer le campus de la Faculté de médecine vétérinaire, qui joue un rôle de leader dans sa communauté, tout comme j'ai pu constater l'évolution de cette médecine de pointe, confie Guy Breton, recteur de l'Université de Montréal. L'UdeM aujourd'hui figure parmi les meilleures universités du monde. Cela, elle le doit à toute une communauté d'excellence, au sein de laquelle brille tout particulièrement sa Faculté de médecine vétérinaire. »

L'ère moderne de la médecine vétérinaire
« Dans l'imaginaire populaire, être vétérinaire consiste à soigner des chiens, des chats ou les animaux de la ferme. Or, la médecine vétérinaire, c'est encore plus que cela, explique Joël Bergeron, président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec. De médecine utilitaire, elle est passée à une médecine préventive axée sur la productivité des animaux, leur bien-être, mais aussi préoccupée par la salubrité des aliments et la prévention de maladies transmissibles à l'humain, les fameuses zoonoses. Le médecin vétérinaire veille non seulement à la santé de l'animal, mais aussi  à celle de l'être humain. C'est le concept d'Un monde, Une santé, Une médecine. »

Une école en évolution
« De baraques désaffectées, l'enceinte logeant l'école de médecine vétérinaire devenue faculté s'est transformée en un campus universitaire de très haut niveau, comprenant un centre hospitalier vétérinaire ultrasophistiqué, le CHUV, et plusieurs unités de recherche reconnues mondialement, souligne Michel Carrier, doyen de la Faculté. La médecine vétérinaire est d'une complexité croissante, la recherche progresse constamment et elle est aujourd'hui étroitement liée à des enjeux de société comme la santé des populations, des animaux et de l'environnement par le biais de disciplines comme l'épidémiologie, la pathologie, la microbiologie et l'immunologie. »

La médecine vétérinaire en vedette aux Belles Soirées de l'UdeM
Tout au long de l'année, plusieurs événements souligneront le 125e anniversaire, notamment deux conférences spéciales présentées dans le cadre des Belles Soirées. Le 2 mars, le vétérinaire Claude Deslandes racontera L'arrivée des animaux domestiques en Nouvelle-France : quelles furent les premières utilités du porc et du bœuf ? L'animal de compagnie existait-il à cette époque ? Claude Deslandes répondra à ces questions et exposera aussi de quelle façon les races canadiennes de bovins, de chevaux et de poules pondeuses ont été créées et d'où proviennent ces chevaux laissés à eux-mêmes sur l'île de sable au large de la Nouvelle-Écosse. Le 12 mai, ce sera au tour du vétérinaire Michel Pepin de tracer les grands traits de l'Histoire de la médecine des animaux au Québec, qui est apparue en 1866 grâce à un jeune immigrant écossais, Duncan McEachran. Il exposera comment il a réussi, en moins de 25 ans, à faire de Montréal la plaque tournante de la médecine vétérinaire sur le continent.

Sur le Web :

Site Web du 125: www.125medvet.ca
Faculté de médecine vétérinaire : www.medvet.umontreal.ca
Ordre des médecins vétérinaires du Québec : www.omvq.qc.ca
Année mondiale vétérinaire : www.vet2011.org
(1)     Source : PEPIN, Michel. Histoire et petites histoires des vétérinaires du Québec, Édition François Lubrina (1986).
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