4 août 2010

Jeune homme en mission : François Lamontagne

Son nom est omniprésent : au sommet des divisions pour jeunes chevaux, sur la première marche du podium des épreuves de Grand Prix et, en avril cette année, au titre d’Athlète du mois Cavalor octroyé par Saut d’obstacles Canada. François Lamontagne est de plus en plus reconnu dans le monde du saut d’obstacles canadien, et ce, grâce à un plan bien réfléchi élaboré par lui-même à l’âge de 15 ans.

« J’ai obtenu quelques bons résultats très jeune, ce qui m’a donné envie de pousser davantage », mentionne-t-il durant un bref moment paisible entre les semaines un et deux de la Classique internationale de Blainville, qui s’est déroulée à proximité de sa résidence de Saint-Eustache. Et pousser davantage est certainement ce que fait François maintenant. Au cours de la première semaine de la Classique internationale de Blainville au début du mois de juillet, où il a terminé deuxième au Grand Prix de 40 000 $ avec Anton, François était accompagné de 18 chevaux de son écurie. À la deuxième semaine, François et Anton ont gravi l’échelon supérieur, revendiquant le Grand Prix de la Coupe du Monde de 60 000 $.

Alors que François était âgé de sept ans et qu’il vivait dans la petite ville de Saint-Georges, à une heure au sud de Québec, sa mère, Aline, a entrepris des leçons d’équitation. Elle avait toujours rêvé de monter à cheval, mais son père s’y opposait. François a exprimé son désir de suivre des leçons également, ce que sa mère lui a consenti avec empressement.

« Je pense que ça lui a vraiment fait plaisir, car elle m’a très rapidement acheté un poney », souligne François. Toutefois, son père, Yvan, était moins enthousiaste. « Il ne venait même pas aux concours avec ma mère et moi, mais je présume qu’il a appris à apprécier lorsqu’il a compris mon intention de poursuivre. Il a alors investi beaucoup d’argent, de temps et d’énergie pour m’appuyer. »


François a compris très jeune que l’équitation était sa passion et qu’il désirait poursuivre une carrière dans ce sport. À la fin de ses études secondaires, il a décidé de quitter Saint-Georges, trop éloigné du centre d’action.

« J’étais d’avis que ce lieu était trop petit pour mes ambitions, explique-t-il. J’ai réellement apprécié le circuit régional, mais il est difficile d’avoir une grande écurie avec des clients de concours « A » à cet endroit. C’est trop loin de Montréal. »

Avant de s’établir dans un lieu où il pourrait développer une clientèle, François était conscient de la nécessité de peaufiner son éducation. Consacrant son temps au travail aux États-Unis et en Europe, il a tiré des leçons variées de ces expériences, aussi précieuses les unes que les autres.

« Aux États-Unis, j’ai appris beaucoup sur l’art de bien s’occuper des clients et comment diriger une entreprise et une écurie. En Europe, c’est un autre style d’école. Vous montez beaucoup de chevaux. »
François est arrivé à l’écurie belge où l’attendait un emploi comme cavalier, et ce, une semaine à peine avant le Championnat mondial des éleveurs de jeunes chevaux de saut d’obstacles de la FEI . C’est alors le grand saut : il monte deux chevaux de cinq ans et deux de six ans aux championnats. 

« Je n’avais jamais monté ces chevaux avant. Je n’ai pas gagné, mais tout s’est bien passé. »

Il a acquis davantage d’expérience durant cet hiver en participant au Sunshine Tour en Espagne.

« Cette expérience a été fantastique. Je présentais neuf chevaux. Au printemps, à mon retour au Canada pour mon premier concours, les gens ont observé une amélioration de ma technique. C’est parce que j’ai monté beaucoup plus souvent pendant mon séjour en Europe. »

À la fin du Sunshine Tour, François est rapidement passé à l’étape suivante : appliquer ses nouvelles connaissances à la mise sur pied de sa propre entreprise chez lui. La Ferme Lamontagne est très bien située, à seulement 20 minutes de Blainville et à 30 minutes de l’aéroport de Montréal.

« C’est comme le site de Palgrave, près de Toronto », souligne François, qui a songé à s’établir dans le sud-ouest de l’Ontario, pour ensuite rejeter cette idée. « Ils ont déjà suffisamment de bons cavaliers et de grandes écuries. »

Il ajoute en plaisantant qu’il est libre de faire valoir son point de vue régulièrement auprès de ses partenaires de la ferme, puisqu’il s’agit de ses parents. Peu de temps après l’achat des installations, formées de 27 box, d’un manège intérieur et d’une carrière extérieure en sable qu’il a aménagée lui-même, François avait un premier client. Maintenant, cinq ans plus tard, l’écurie est pleine. Le jeunehomme apprécie former des cavaliers, mais il admet également que « pendant qu’on enseigne, on ne monte pas. Et si on ne monte pas, on ne se perfectionne pas, quoiqu’on apprenne comment être un meilleur entraîneur pour soi-même en entraînant les autres. »

Bien qu’il s’entraîne seul pour le moment, il s’estime chanceux de côtoyer des cavaliers tels que Yann Candele et Beth Underhill, qu’il peut consulter en cas de problème. Il observe aussi attentivement tous les meilleurs cavaliers lorsqu’il se trouve en leur compagnie. « On apprend beaucoup en suivant du regard des cavaliers comme Ian Millar et Éric Lamaze, et ce, sans aucun frais. »

La première apparition de François au palmarès national est sa victoire dans la division de l’Est du circuit Talent Squad de Saut d’obstacles Canada avec Anton en 2008. Depuis, le couple a fait ses preuves en concours de Grand Prix en Floride et au Canada. François décrit Anton, son warmblood belge de dix ans, comme un cheval de Barbie, avec une véritable tête de cheval arabe.

« Il est petit, sensible et prudent, décrit François. Il est aussi un peu ombrageux, mais il est d’une grande générosité et il fait de son mieux. »

Deux autres chevaux de Grand Prix et trois jeunes chevaux, de l’écurie de François, pourraient remplacer au besoin Anton. Il fait rire les Européens quand il leur dit ne pas avoir encore concouru à Spruce Meadows, parce que c’est dans son propre pays. « Je veux être prêt pour Spruce Meadows quand j’irai. Je dois être certain d’avoir le bon cheval. »

Avec une écurie pleine et beaucoup de chevaux à présenter, François a très peu de temps pour d’autres activités. Heureusement, sa copine, Élise Boucher, monte à cheval et se fait un plaisir d’aider avec les chevaux. « Je n’ai pas beaucoup de temps libre, mais j’aime ça. Dès que je peux, je cherche sur Internet les résultats de concours européens et américains. »

Malgré tout, il a quand même trouvé un peu de temps pour formuler son prochain grand objectif : joindre l’équipe canadienne de saut d’obstacles.

Par Karen Robinson. Source equi-info Volume 6, numéro 6, juillet 2010
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